Publicité mensongère au XVIIIe siècle

Les billets patrimoniaux

Dans l’Antiquité et tout au long du Moyen-Âge, de nombreux écrits circulent sans nom d’auteur, ou bien sont attribués à un autre auteur, voire font l’objet d’attributions concurrentes à plusieurs auteurs.

Ce genre de situation ne cesse pas dans le monde du livre imprimé à partir de la Renaissance. Parmi les livres religieux en particulier, de nombreux opuscules continuent de paraître sans nom d’auteur, ou avec un nom ne correspondant pas à la réalité.

C’est pour cette raison que le traducteur des Considérations chrétiennes pour tous les jours de la semaine (Besançon, veuve Métoyer, 1756) prend la peine d’indiquer dans son avertissement, d’une part que cette traduction est meilleure, et surtout que ce livre-là paraît sans cacher le nom de l’auteur.

Peut-être a-t-il cependant manqué de prudence. Car non content d’« écorcher » le nom de l’auteur jésuite Paolo Segneri (il ajoute indûment un I à son nom), il lui attribue un livre en réalité écrit par un autre jésuite, Giovanni Pietro Pinamonti.

Quant au traducteur, qui a la prudence de ne pas indiquer son nom, il s’agit semble-t-il de Gabriel-François Le Jay, autre jésuite. Et tout cela est connu grâce au bibliographe Sommervogel… Encore un jésuite !