Manuscrits autographes de Marcel Jouhandeau

Trésor du mois

 

En juin 2019, la Bfm a fait l'acquisition de manuscrits de Marcel Jouhandeau, s'ajoutant à la quinzaine de manuscrits de l'auteur que possède déjà la Bfm de Limoges :

Cinq petits carnets autographes, soit 460 pages de feuillets liés par des cordelettes. Il consigne dans ses carnets intimes des observations, des anecdotes, bribes de dialogue, notes de lectures, minutes de lettres, réflexions, la plupart barrées d'un trait oblique, qui ont pu être utilisées et remaniées dans ses livres.

Cinq manuscrits de travail de « Clodomir l'assassin », conte publié dans la Nouvelle Revue française du 1er octobre 1922. On y découvre les nombreux « repentirs » de l’auteur, autant de versions d’un texte initialement intitulé « Charlemagne l’assassin ». Ce conte est inspiré de faits réels durant la première guerre mondiale, où comment le boucher nommé Magne devient assassin.

 

 

Marcel Jouhandeau est né à Guéret (Creuse) en 1888, il meurt à Paris en 1979. Ses parents tenaient une boucherie à Guéret, qui, sous sa plume, deviendra Chaminadour. Il devient professeur de français et de latin en classe de sixième au lycée catholique Saint-Jean de Passy. En 1919-1920, il est accueilli à la Nouvelle Revue française par Gaston Gallimard, et ses premiers romans sont très vite salués par Gide, Cocteau et Léautaud. Scandaleux, et pas seulement pour ses compatriotes de Guéret, il dit ne vouloir cesser de souligner dans chaque être sa part caricaturale et sa part sublime. Tourmenté par son homosexualité il n'en épouse pas moins Élisabeth Toulemont, dite Caryathis ou encore Elise, une ancienne danseuse et consacre de nombreuses pages aux tourments de la vie conjugale. Sous son influence, il produit et publie des écrits antisémites, qu’il reniera ensuite. Écrivain et homme inclassable qui fascina ses contemporains, Marcel Jouhandeau publie une œuvre abondante de près de 130 livres, et laisse de nombreux carnets inédits.

« Toute la vie de Jouhandeau en effet passa par l’écriture. Si l’intensité de sa vie ne prouvait le contraire, on pourrait croire que Jouhandeau ne s’y attarda que pour l’écrire. C’est que l’écriture et la vie en lui se fondent comme deux activités complémentaires et indissociables. Carnets intimes, chroniques, essais sur soi-même et les autres, traités de morale, récits ou contes, peu importe le genre : Jouhandeau est, avec Balzac – et d’une tout autre façon –, le visionnaire le plus réaliste de la littérature française. Cela ne l’a pas perdu. »

Extrait de la biographie de

« JOUHANDEAU MARCEL – (1888-1979) »

par Jeannine Étiemble, Encyclopædia Universalis.